Thierry Ardisson,

spécimen médiatique

 

Il vient d’avoir 60 ans et a goûté à tout : drogues, pub, folles nuits parisiennes, télé, célébrité, argent, cinéma… Mais qu’est-ce qui fait encore courir Thierry Ardisson ? Confessions d’un vrai cathodique sans lunettes noires.

 

Paru le 09.04.2009 , par Laurent Mereu-Boulch

 

Thierry Ardisson, spécimen médiatique

Il vient d’avoir 60 ans et a goûté à tout : drogues, pub, folles nuits parisiennes, télé, célébrité, argent, cinéma… Mais qu’est-ce qui fait encore courir Thierry Ardisson ? Confessions d’un vrai cathodique sans lunettes noires.

Il reçoit chez lui, un vaste appartement au style rococo et aux couleurs vives, avec vue spectaculaire sur les Tuileries. Une épaisse moquette rouge tapisse le sol, un petit matelot à tête de biche trône dans un coin de son bureau. Quelques tableaux et un écran géant sont accrochés aux murs. Coulé dans sa panoplie immuable, pantalon, T-shirt et veste noire, Thierry Ardisson est souriant, vous tutoie naturellement et se raconte à haut débit et sans langue de bois, drôle et grave, mais toujours délicieusement aimable et sincère.

Depuis vingt-cinq ans, Thierry Ardisson est un spécimen médiatique bien à part : figure emblématique d’une télévision débridée et homme aux multiples visages. On n’a longtemps vu en lui qu’un personnage engoncé dans son uniforme de curé défroqué qui se dévergonde en parlant de sexe et de drogue sous les sunlights du samedi soir, insatiable provocateur à l’ego surdimensionné, avide de reconnaissance et affamé d’argent.

Il y a cinq ans pourtant, dans son autobiographie Confession d'un baby-boomer éd. Flammarion), on découvrait un autre homme, une star de la télévision bien plus humaine et sensible que l’image ne le laissait paraître. Un Thierry plus qu’Ardisson, se disséquant avec la minutie d’un chirurgien et révélant ses blessures, ses échecs, ses errances, ses angoisses. Aujourd’hui, à 60 ans (il les a fêtés le 6 janvier), et après cette introspection salutaire, il entame, comme il dit, son dernier combat : « produire une dizaine de films pour le cinéma avant de me retirer à 80 ans dans ma maison en Normandie pour écrire des livres d’histoire ». Interview.