Thierry Ardisson,

spécimen médiatique

 

Il vient d’avoir 60 ans et a goûté à tout : drogues, pub, folles nuits parisiennes, télé, célébrité, argent, cinéma… Mais qu’est-ce qui fait encore courir Thierry Ardisson ? Confessions d’un vrai cathodique sans lunettes noires.

 

Paru le 09.04.2009 , par Laurent Mereu-Boulch

 

“J’ai très mal vécu dans mon corps jusqu’à 55 ans.”

 

"J'ai toujours été docile par rapport au mariage."

Avec Béatrice, vous formez un couple stable. Cela vous surprend-il ?
J’ai compris assez tôt qu’il fallait faire des compromis. J’ai toujours été docile par rapport au mariage. Avec Béatrice, on a quand même cette chance de ne pas vivre ensemble, ce qui a sans doute préservé notre couple. Et puis, je crois quand même que l’amour est avant tout sexuel. De toute façon, j’ai toujours été très fidèle. Je suis assez stable amoureusement et émotionnellement. Mais je ne suis pas à l’abri de tomber un jour sur une fille et de planter femme et enfants. Je ne le refuse pas, mais cela ne s’est jamais présenté.

Quel rapport entretenez-vous avec votre corps ?
J’ai très mal vécu dans mon corps jusqu’à 55 ans. J’en avais honte, même. A l’école, j’étais dispensé de gym, j’étais le gros de service. Une horreur. Il y a cinq ans, je me suis dit que si je ne voulais pas devenir un petit vieux avachi dans son fauteuil, il fallait que je pratique au moins deux heures de sport par semaine. J’ai engagé un coach, je ne fume plus que cinq cigarettes par jour et je m’autorise un ou deux verres de vin le soir de l’enregistrement de « Salut les terriens ». Je me sens bien physiquement. C’est quand même un miracle…

Vous évoquiez la mort tout à l’heure. Vous angoisse-t-elle, justement ?
Non, mais j’y pense. L’exemple parfait, c’est le 15 août. Lorsque j’étais enfant, j’avais trois mois de vacances. Jusqu’au 15 août, j’étais super content. Après, le ciel commençait à se couvrir. Je savais que j’étais à trois semaines de la rentrée. Eh bien, avoir 60 ans, c’est être au 16 août de sa vie. C’est difficile à admettre.

Pour finir. La postérité vous intéresse-t-elle ?
Je me souviens d’un ami qui m’avait dit un jour : « De toute façon, toi, Thierry, tu veux laisser ton nom dans le dictionnaire. » (Il rit.) Sérieusement, j’aimerais juste que l’on se souvienne de moi comme d’un type qui avait des idées
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