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Vous êtes à Valence ce week-end
pour un one man show humoristique qui affiche complet au Théâtre Le Rhône.
Qu'est-ce que la scène vous apporte de plus que vos chroniques
humoristiques sur France Inter et sur
Canal Plus ?
« La scène me lave de la télé et de la
radio. Même si, parfois, j'ai l'impression que c'est ajouter de la fatigue
à la fatigue, c'est une autre façon de pratiquer l'humour, car c'est un
rapport direct avec le public. Ce n'est pas pour toucher plus de monde car
le matin sur France Inter, je sais qu'il y a deux millions de personnes
qui m'écoutent et c'est très impressionnant. La scène, c'est une autre
émotion complémentaire à celle que je vis à la radio et à la télé. Et
puis, j'ai fait des études de théâtre et jouer est un besoin. »
Votre billet d'humeur sur Dominique Strauss-Kahn le
17 février dernier à l'antenne de France Inter, vous a valu une remarque
de Nicolas Sarkozy lui-même, qui a définit votre travail comme
"inadmissible". Vous vous êtes alors félicité dans
une chronique suivante de ce courroux
présidentiel. Vous plaisez-vous dans le rôle du "poil à gratter" du
pouvoir en place ?
« Oui, car j'ai un retour énorme de
gens qui me disent que mes chroniques leur font du bien. J'ai conscience
que je suis un des seuls actuellement à dire tout haut ce que beaucoup
pensent tout bas. Une sorte de vengeur masqué de certains Français. J'ai
toujours beaucoup admiré Bedos, Coluche, Le Luron quand j'étais plus
jeune, aussi je profite de l'accès que j'ai aux médias, pour faire
entendre ceux qui ne peuvent s'exprimer. Mais c'est avant tout de l'humour
potache d'un sale gosse, et certains détestent mon travail, ce que je
respecte parfaitement. Les réactions que j'attire ne sont pas en
demi-mesure. On aime ou on déteste mon humour. Les nombreux témoignages de
sympathie me poussent dans ce sens, mais je ne vais peut-être pas
continuer le matin sur Inter car c'est un peu tôt pour moi et ma famille
7h 55 à l'antenne ! »
Vous pensez, comme le dit
Renaud Revel de l'Express dans un article suite à la polémique sur votre
portrait de DSK, que Nicolas Sarkozy vous a rendu intouchable en disant
publiquement qu'il n'aime pas votre travail ?
« En quelque sorte oui. Si son
intention était de me virer, il a fait une erreur. Maintenant qu'il a dit
ce qu'il pensait de moi, si France Inter m'élimine de la grille, ce sera
une preuve flagrante de despotisme. Et puis l'article de Revel venait
contrecarrer les articles alarmistes quand à la fin de ma carrière. Mais,
quelque part, je pense qu'il a raison, on ne peut pas flouer comme ça
l'opinion de 2 millions de personnes. »
De notre correspondant local ISABELLE
JULLIEN-CHAZAL |