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Paru dans l'édition 26C du 11/03/2009

 

VALENCE
Stéphane Guillon : « Je suis un des seuls à dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas »

Stéphane Guillon, humoriste : "Je suis un des seuls à dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas"

 

Vous êtes à Valence ce week-end pour un one man show humoristique qui affiche complet au Théâtre Le Rhône. Qu'est-ce que la scène vous apporte de plus que vos chroniques humoristiques sur France Inter et sur

Canal Plus ?
 

« La scène me lave de la télé et de la radio. Même si, parfois, j'ai l'impression que c'est ajouter de la fatigue à la fatigue, c'est une autre façon de pratiquer l'humour, car c'est un rapport direct avec le public. Ce n'est pas pour toucher plus de monde car le matin sur France Inter, je sais qu'il y a deux millions de personnes qui m'écoutent et c'est très impressionnant. La scène, c'est une autre émotion complémentaire à celle que je vis à la radio et à la télé. Et puis, j'ai fait des études de théâtre et jouer est un besoin. »
 

Votre billet d'humeur sur Dominique Strauss-Kahn le 17 février dernier à l'antenne de France Inter, vous a valu une remarque de Nicolas Sarkozy lui-même, qui a définit votre travail comme "inadmissible". Vous vous êtes alors félicité dans une chronique suivante de ce courroux présidentiel. Vous plaisez-vous dans le rôle du "poil à gratter" du pouvoir en place ?
 

« Oui, car j'ai un retour énorme de gens qui me disent que mes chroniques leur font du bien. J'ai conscience que je suis un des seuls actuellement à dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. Une sorte de vengeur masqué de certains Français. J'ai toujours beaucoup admiré Bedos, Coluche, Le Luron quand j'étais plus jeune, aussi je profite de l'accès que j'ai aux médias, pour faire entendre ceux qui ne peuvent s'exprimer. Mais c'est avant tout de l'humour potache d'un sale gosse, et certains détestent mon travail, ce que je respecte parfaitement. Les réactions que j'attire ne sont pas en demi-mesure. On aime ou on déteste mon humour. Les nombreux témoignages de sympathie me poussent dans ce sens, mais je ne vais peut-être pas continuer le matin sur Inter car c'est un peu tôt pour moi et ma famille 7h 55 à l'antenne ! »
 

Vous pensez, comme le dit Renaud Revel de l'Express dans un article suite à la polémique sur votre portrait de DSK, que Nicolas Sarkozy vous a rendu intouchable en disant publiquement qu'il n'aime pas votre travail ?
 

« En quelque sorte oui. Si son intention était de me virer, il a fait une erreur. Maintenant qu'il a dit ce qu'il pensait de moi, si France Inter m'élimine de la grille, ce sera une preuve flagrante de despotisme. Et puis l'article de Revel venait contrecarrer les articles alarmistes quand à la fin de ma carrière. Mais, quelque part, je pense qu'il a raison, on ne peut pas flouer comme ça l'opinion de 2 millions de personnes. »

De notre correspondant local ISABELLE JULLIEN-CHAZAL