Une longue passion qu'il dit mener avec «détermination,
discrétion et humilité». Après vingt ans passés dans la pub et
vingt ans à la télévision, Thierry Ardisson, l'un des
animateurs vedettes de Canal + et de Paris Première, se lance
dans le cinéma.
Avec Ardimages, il crée, il y a quatre ans,
une petite structure pour développer,
comme il le dit «des
idées originales» suffisamment pertinentes pour convaincre
scénaristes, producteurs et distributeurs d'entrer dans
plusieurs projets de film. Il y a un an et demi, l'un d'eux
parvient à séduire Mandarin films l'un des fleurons de la
production indépendante française et le Studio Canal qui
entrent dans le développement et le financement du projet.
Cette comédie baptisée L'Empereur de la nuit, dont le budget
devrait avoisiner les 10 millions d'euros, est quasiment
financée puisque TF1 pourrait également entrer dans le tour de
table. Le film devrait être sur les écrans dès 2009.
«Chacun de mes projets, commente Thierry Ardisson est logé
chez un producteur partenaire avec qui je partage les risques
à 50 % et soutenu par un studio capable d'en assurer la
distribution. Cela me permet non seulement de gagner du temps
puisque le cinéma est un métier nouveau pour moi, mais aussi
d'assurer à ces films une bonne assise financière. J'ai
toujours pensé qu'il était préférable d'avoir 50 % d'une bonne
affaire que 100 % d'une mauvaise.» Thierry Ardisson a donc
profité du Festival de Cannes pour finaliser huit projets de
films qui tous disposent aujourd'hui de coproducteurs et
distributeurs solides. Leurs budgets devraient être tous
compris entre 8 et 10 millions d'euros. «Je n'ai pas
l'ambition de faire des films chers. Même en télévision, j'ai
toujours fait en sorte de ne pas produire pour des sommes
astronomiques», explique-t-il.
À côté de son premier projet qui devrait bientôt entrer en
production, Thierry Ardisson peut aujourd'hui annoncer Victor,
le «quatrième» épisode de la trilogie de Marcel Pagnol, qui
sera écrit par Jean Cosmos, coproduit par Jean-Louis Livi et
distribué par Studio Canal. Mais aussi Dix Jours à Cannes , un
film «chorale» coproduit par LGM, adossé au Studio 37 (filiale
de France Télécom) et surtout écrit par Bobby Moresco, le
scénariste de Crash et de Million Dollars Baby. Ou encore Talk
Show, également coproduit par LGM, soutenu par la Gaumont avec
un scénario de Larry Cohen, auteur notamment de Cellular.
«Lorsque j'ai commencé à développer mes idées, explique
Thierry Ardisson, j'ai vainement cherché des scénaristes
français pour écrire les films. Il se trouve qu'en France, ils
sont rares. La plupart sont aussi réalisateurs et ceux qui se
contentent d'écrire sont pris jusqu'en 2012. Je me suis donc
tourné vers les États-Unis où j'ai eu la chance de séduire
quelques grands scénaristes. Je suis convaincu qu'il existe
une place pour des films européens en langue anglaise.»
Quelques autres projets
De fait, dans ses cartons le nouveau producteur dispose de
quelques autres projets de ce type, pour lesquels il cherche
aussi bien des partenaires anglais qu'américains. C'est le cas
de Black Moon et de Miracle, dont le coproducteur, Philippe
Rousselet, est un habitué de ce type de montage. C'est enfin
le cas du projet Liverpool , pour lequel UGC se porterait déjà
garant. Un début de catalogue ambitieux qui pourrait faire, en
cas de succès en salle, définitivement basculer la carrière de
l'homme de télévision dans le monde du cinéma.
Source
le Figaro